Éditorial : Final Fantasy, trente ans d’extravagance

Logo Final Fantasy 30th Anniversary 1

Nous sommes le 18 décembre 2017. Il y a trente ans jour pour jour, le tout premier Final Fantasy voyait le jour au Japon. À défaut d’être de raison, trente ans est au moins un âge de stabilité et de routine. Chez l’être humain, en tout cas. Car ce n’est certainement pas le cas d’une série de jeux vidéo passée entre de si nombreuses mains : avec Final Fantasy, c’est un recommencement permanent, avec tout ce que cela implique de réjouissances et de maladresses.

Si l’on veut pinailler, on peut objecter que Final Fantasy en tant que série aura en fait trente ans dans un an. Car c’est la sortie de Final Fantasy II qui signe l’acte de naissance de sa formule : tout nouvel épisode repartira presque intégralement de zéro, s’efforçant simplement de dépasser de son prédécesseur. Le nom « Final Fantasy » est souvent raillé car, trente ans plus tard, il n’y a toujours rien de « final ». Hironobu Sakaguchi a certes expliqué les raisons très terre à terre qui l’ont poussé à choisir ce titre mémorable – il voulait un jeu dont les initiales soient « FF » –, mais avec le temps, il a pris un sens bien plus symbolique : dans l’idéal, un Final Fantasy est effectivement créé comme s’il était le dernier. Ses développeurs doivent verser tout ce qu’ils ont dans le projet, jusqu’à ce qu’il ne leur reste plus rien, puis tout laisser derrière eux. C’est une belle définition.

Mais elle est aussi forcément associée à une notion d’extravagance. Aujourd’hui, si je devais définir Final Fantasy, c’est le mot que je choisirais, car il accompagne à merveille les différentes étapes de la série. L’extravagance était déjà là au tout début, quand l’impitoyable Hironobu Sakaguchi s’est battu contre tout et tout le monde pour concevoir son jeu, alors que les employés de Square rechignaient à rejoindre sa petite équipe pour créer ce « jeu de rôle » – genre alors totalement nouveau au Japon –, que sa direction était sceptique devant son idée de doubler le nombre d’exemplaires à produire, et qu’il a fait en personne le tour des magazines de jeu vidéo pour les supplier de mettre en avant son œuvre – même si certaines portes restèrent fermées. Sans l’implacable ténacité de Sakaguchi, qui en 1987 n’était encore qu’un jeune homme de 25 ans, nous ne serions pas là pour en parler. Nobuo Uematsu le racontait très bien en juin dernier, lors d’une rencontre au week-end que la Philharmonie de Paris consacrait à la musique de jeu vidéo : c’est en voyant l’acharnement avec lequel Sakaguchi défendait son bébé qu’il comprit qu’ils n’étaient plus des jeunes insouciants qui créaient des jeux pour s’amuser. Désormais, ils étaient des adultes, et ce serait du sérieux.

FFI Amano

De cette mentalité pionnière naquit la suite de la série, et avant toute chose ses six premiers épisodes, que l’on peut aujourd’hui considérer comme les représentants de l’époque « familiale » de Square – alors que les effectifs étaient encore à échelle humaine et que tous les créateurs avaient leur mot à dire, même sur des domaines qui ne les concernaient pas. La méthode de travail mise en place par Sakaguchi donnait une très grande liberté aux créateurs, qui pouvaient organiser leur emploi du temps comme ils l’entendaient, tant qu’ils prenaient leurs responsabilités. C’est grâce à cet état d’esprit que, lors du développement de Final Fantasy V, le tout jeune Tetsuya Nomura – qui venait pourtant d’être recruté – osa outrepasser sa fonction de simple graphiste pour aller proposer ses idées d’histoire et de personnages à Sakaguchi et Yoshinori Kitase. C’était le début d’une carrière impressionnante… dans tous les sens possibles. Final Fantasy VI est l’apothéose de cet âge d’or, chouchouté par une équipe soudée et passionnée à qui les extravagances ne firent pas davantage peur. Qu’un jeu si anticonformiste soit aujourd’hui considéré comme un classique parmi les classiques du RPG à la japonaise, genre conservateur s’il en est, laisse songeur.

Trente ans après le premier, Final Fantasy XV m’inspire le même mot : extravagance. Cette fois-ci, pas à l’échelle d’un seul homme plein de culot ou d’un petit groupe d’amis, mais d’une société tout entière, capable de monter un événement aussi spectaculaire qu’« Uncovered », en mars 2016, pour dire au monde entier que Final Fantasy est de retour sous une forme imposante, à l’image des jeux vidéo gargantuesques de son époque – les fameux « AAA » –, et dans une projection transmédia devenue inévitable. Avec le recul, tout cela était évidemment une folie, qui n’a fait qu’ouvrir les vannes de l’un des fléaux de notre époque : le fatras obscène d’un marketing qui, indépendamment de ce qu’il veut vendre, manipule et exagère la réalité comme ça l’arrange.
Mais ce n’était peut-être pas une aussi grande folie lorsqu’on s’imagine un instant à la place des centaines de personnes qui ont créé FFXV : le chantier du jeu était lui-même extravagant, totalement démesuré dans le temps et dans les attentes, du fait de son historique chargé, lui-même le résultat d’une annonce beaucoup trop prématurée. Par tous ces facteurs, l’œuvre qu’ils ont livrée est aussi imparfaite que spectaculaire. C’est que si chaque nouvel épisode se donne pour mission de dépasser le précédent – qu’il y arrive ou non, tant que l’intention est là – en allant toujours plus loin, la barre finit par se placer tellement haut que le chemin pour l’atteindre est abrupt.

FFVII Amano

Beaucoup voient en FFVII l’image du Final Fantasy parfait. Notion toujours discutable, certes, mais compréhensible parce qu’il était, au moment de sa sortie, presque optimal dans presque tous ses domaines. Mais s’il a atteint un tel niveau, c’est parce qu’il est lui-même né d’une extravagance totale de la part de Square, qui s’est offert pour sa conception des choses inimaginables pour un jeu vidéo du milieu des années 90, en y versant une quantité alors astronomique de ressources technologiques, humaines – trois à quatre fois plus de personnes que sur FFVI – et, évidemment, financières. La légende, notamment relatée par Akitoshi Kawazu, veut que pour en créer les cinématiques en images de synthèse, l’éditeur mobilisa absolument tout ce que le Japon comptait d’infographistes à l’époque. En septembre dernier, Yasumi Matsuno racontait que si FFVII était truffé de mini-jeux, c’était parce que l’équipe de développement comptait une surabondance de programmeurs du fait d’une anomalie dans la redistribution des effectifs en interne – d’une certaine manière, ils n’avaient « que » ça à faire. Ce jeu a fait tant de choses à l’excès qu’il a compliqué la tâche de ses successeurs comme jamais. Il fallait continuer à faire mieux, tout en suivant les avancées de la technologie. Pour certains des acteurs présents à ce moment-là, Final Fantasy a commencé à devenir une entité incontrôlable.

Alors voilà : l’extravagance est une arme à double tranchant. Mais avec l’envol pris par la série grâce à ce septième épisode, Square put s’offrir une confiance en soi totalement démesurée, et sans doute l’un des moments les plus fous de son histoire : l’annonce simultanée de Final Fantasy IX, X et XI le même jour de janvier 2000, par un Hironobu Sakaguchi au sommet de sa gloire, également aux commandes d’un film qui devait sortir sur les écrans l’année suivante – et ainsi devenir le premier long métrage en images de synthèse hyperréalistes de l’histoire. C’était fou, mais dans le cas des trois jeux, ça a marché. Ils sont effectivement sortis l’un après l’autre, de 2000 à 2002, et avec une réussite certaine : FFIX et X figurent parmi les épisodes préférés de nombreux fans. FFXI était une petite extravagance à lui seul, en tant que MMORPG jouable sur PlayStation 2 puis PC avec des serveurs partagés et sans barrières régionales. Il figure aujourd’hui parmi les plus anciens MMORPG toujours en activité et alimentés en contenus par ses développeurs. Mais dans le cas du film, Les Créatures de l’esprit, les choses furent bien plus funestes. Avant même sa sortie en salle, le trou creusé par son budget fit que Square annonça en 2001 la première année de pertes financières de son histoire, poussant Sakaguchi vers la sortie.

FFXI Zilart

Des coups d’éclat tels que l’annonce simultanée de trois épisodes sont follement réjouissants, mais tout aussi dangereux. C’est tout particulièrement le cas s’ils naissent d’un hubris totalement détaché de ses capacités réelles. Et cela, c’est l’histoire des dix dernières années de Final Fantasy. Celle de la très dangereuse bravade qui a voulu que Square Enix dévoile trois nouveaux jeux, trois FFXIII, un jour de mai 2006, alors qu’aucun d’eux n’était en cours de production intensive. Celle de la fin brutale de l’« artisanat », de la découverte trop tardive que, pour entrer dans le monde des jeux en HD, une armée d’artistes ne suffit pas : il faut aussi un bataillon de programmeurs et des outils performants. Ce n’est pas parce que tout s’est bien passé les fois précédentes que ce sera éternellement le cas, et créer son propre moteur ne sert à rien si les méthodes de développement elles-mêmes ne sont pas renouvelées.
Qu’une erreur commise en 2006 ait eu des répercussions jusqu’au lancement d’un jeu, dix ans plus tard, dit tout sur la dangerosité de telles extravagances. Entre-temps, FFXIII s’est lui aussi fait désirer avant d’adopter une formule au moins aussi anticonformiste qu’un FFVI en son temps – pour être reçu bien moins favorablement –, et FFXIV, la plus grave des victimes de ces années d’aveuglement, a lourdement trébuché avant de se relever sur des bases plus prudentes. Une prudence qui a pourtant porté ses fruits, et qui ne peut pas cacher le fait que la renaissance intégrale de FFXIV elle-même est une extravagance comme l’histoire du jeu vidéo en connaît rarement.

C’est par la même prudence, dans des années difficiles, que Square Enix a multiplié les Final Fantasy jouant sur la nostalgie et la célébration des valeurs sûres. L’explosion du marché des smartphones et tablettes en a été le cadre idéal, générant ce monstre hideux qu’est le « jeu gratuit avec micro transactions ». Si les jeux de la série numérotée gardent jusqu’à présent leur esprit d’initiative et d’innovation, on ne peut pas en dire autant de la ribambelle de projets mineurs qui les suivent à la trace, et dont le nombre et la diversité ont rendu l’entité Final Fantasy absolument illisible pour un observateur extérieur. Même les fans de longue date sont dans l’incapacité de suivre tout ce qu’il se fait d’épisodes parallèles et d’univers qui cohabitent simultanément. Le plaisir de vivre sa passion – sans qu’elle nous intoxique – a été transformé en marchandise par Square Enix, suivant ainsi ce qui semble être le nouveau format du jeu vidéo connecté : comme un miroir des réseaux sociaux où il faut toujours qu’il se passe quelque chose, un éditeur est si terrorisé à l’idée de perdre son public s’il ne se passe rien qu’il le gave en permanence et l’hypnotise avec une autocélébration incestueuse. Mais, bien plus que la discrétion ou la parcimonie, n’est-ce pas la sollicitation permanente qui finit par tuer l’intérêt ?

012_amano_yoshitaka

Les trente ans de Final Fantasy sont composés des souvenirs de grands moments de rêve et de détachement mérités, et non d’un filet quotidien d’eau tiède : de scènes superbement taillées et d’ambiances au charme insaisissable, de visuels époustouflants et de musiques grandioses, d’attente curieuse et inquiète du prochain épisode et de retours émerveillés ou circonspects aux précédents. Chacun sait ce qu’il aime retrouver. Et, contrairement à ce que voudraient nous faire croire les esprits sans nuances, de grands moments continuent à venir s’ajouter à ce monument. L’ère des jeux connectés ne les empêche pas, tant que la volonté des concepteurs est là – FFXI et XIV le démontrent en mettant le scénario au cœur de leur expérience. Nous avons de la chance que Final Fantasy soit née avec comme idée fondatrice le renouveau constant, sans quoi l’essoufflement serait arrivé il y a longtemps. Le fait que cette règle connaisse désormais de nombreux écarts, avec des suites et des projets parallèles qui capitalisent sur les nouveaux grands épisodes, malmène la fraîcheur qui fait de Final Fantasy une série toujours active.

Je souhaite que Final Fantasy n’oublie jamais cette extravagance qui a fait son histoire, pour que de nouvelles anecdotes viennent l’enrichir, et qu’elle continue à se donner des défis enthousiasmants en nous présentant des mondes impressionnants. Mais je souhaite aussi que personne – chez les développeurs autant que chez les joueurs – n’oublie ces deux adages : à l’impossible nul n’est tenu et le mieux est l’ennemi du bien. La surenchère incontrôlée a coûté cher à tout le monde, et un retour à plus de modestie, d’honnêteté et de contrôle ferait du bien à tous. Dans un monde sans patience et pris en otage par la communication artificiellement sûre d’elle, ce sont malheureusement des paroles en l’air.

Mais en attendant l’avenir, le passé mérite bien qu’on le célèbre. Alors joyeux trentième anniversaire, Final Fantasy, et merci pour les nombreux émerveillements !

  • Gruic

    Génial !

  • Vivien Condat

    Très belle hommage Jérémie!
    J’avoue me retrouver dans la vision de FF que tu donnes; l’éternel recommencement, l’innovation et le repoussement des limites sont à mes yeux les fondements sur lesquels reposent chaque épisodes.
    Et même si ma manière d’appréhender un jeu à bien évolué depuis FFVII, je reste toujours impatient et curieux face aux nouveaux projets Final Fantasy, en espérant secrètement que cette série n’aura jamais de point final.(lol, la blague)

  • Thibaut Sevette

    30 ans avec une vidéo, ça fait plus mieux (https://youtu.be/GJaI7SMw96c)… ou alors avec +1000 heures de vidéo, on ne sait jamais.

  • Michaël Lachine

    Très bel article! J’ai l’impression que ce retour vers plus de modestie s’opère déjà. Si on suit bien les propos récents de Matsuda, ça peut se résumer par « maintenant on la ferme, on bosse et on fait les annonces quand on a quelque chose de solide. »

    • Jérémie

      Je demande quand même à voir pour le retour à la modestie : ça semble plus prudent pour le moment, car ils n’ont forcé aucune annonce prématurée cette année, mais je crains qu’une fois un FFXVI dévoilé, ça recommence de plus belle…

  • Mimétics

    Lorsque je lis les lignes sur Mai 2006, je me demande si je n’ai pas la mémoire qui flanche… N’y avait-il pas 4 Final Fantasy XIII ? FFXIII, FF versus XIII, FF Agito XIII et FF Haeresis XIII ?

    • Jérémie

      Haeresis n’a jamais été officiellement annoncé. Il a été repéré uniquement parce que Square Enix avait déposé ce nom auprès de l’agence américaine des brevets et marques déposées, mais ils ne l’ont jamais évoqué dans leur communication officielle.

  • Coperpic

    Sur la moitié de ces 30 ans et même bientôt plus, ce qui m’impressionne est ta passion à toi Jérémie/KujaFFman, toujours en train d’écrire des papiers et des news sur FF depuis toutes ces années. C’est remarquable, chapeau.

    • Jérémie

      Là aussi, la question est : est-ce une extravagance…?

      • benclaff

        Sûrement. Mais le fait d’avoir des lecteurs aussi vieux que le site montre qu’elle est partagée. 😉 Je réitère mes anciennes encouragements sur la bienvenue « folie » que serait un livre compilant cette « extravagance » !

        • Jérémie

          Quitte à faire un livre sur les joies et les frustrations de suivre FF, autant tout écrire nouvellement ! Mais bon, ça n’intéresserait sans doute pas tant que ça de monde.

  • fffan12

    Super édito, comme d’habitude. J’ai rejoint l’aventure FF plus ou moins à mi-chemin en 2001 et je ne peux que souhaiter que les 10 prochaines années soient moins frustrantes que les 10 dernières. J’ai beaucoup aimé FFXIII et FFXV (qui sait, peut-être qu’un jour j’aurai l’opportunité de m’essayer à FFXIV), mais il est temps de laisser la décennie de ce qui devait être Fabula Nova Crystallis derrière nous et de repartir sur des nouvelles voies, toujours dans l’extravagance pour SE mais avec de fortes doses d’humilité et de clairvoyance.

  • Near-n

    Bon article ! Je pense qu’en effet, le mot extravagance correspond bien à la série dans la globalité.
    Et même dans le cas de FF VII Remake qui est le prochain gros projet, on peut en voir beaucoup tellement l’ambition a l’air grande pour un simple remake.

    Après, un retour à la modestie de la part de Square, j’ai pas l’impression que ça arrivera de sitôt. Surtout que ces derniers temps, Square me fait un peu penser à Disney sur certains points (c’est qu’ils se sont bien trouvés pour KH).

    Mais bon, même si y aura toujours des projets douteux, d’autres me font toujours baver, et moi qui ai découvert la série y a pas si longtemps que ça au final, c’est toujours un plaisir de la suivre de près.

    • Jérémie

      C’est très dangereux, l’ambition qu’ils élaborent autour du remake – ils jouent avec des attentes encore une fois beaucoup trop grandes. Je suis intimement convaincu que ça va se retourner contre eux…

  • バルフレア

    Édito non pas extravagant mais fort grisant !

    Existerait-il une vidéo pour « l’annonce simultanée de Final Fantasy IX, X et XI le même jour de janvier 2000 » ?

    Ou bien était-ce un simple communiqué dans la presse ?

    • Jérémie

      Je vois que vous avez trouvé entre-temps ! En effet, les trois jeux ont été dévoilés lors d’un événement qui s’appelait « Square Millennium », organisé le 31 janvier 2000 (il devait à l’origine se tenir fin 99 mais a été repoussé). Mais, dans la grande tradition de Square de l’époque, il était interdit de prendre des photos et de filmer, donc ces vidéos étaient volées. Heureusement d’ailleurs, car elles constituent une précieuse archive !

      D’ailleurs, ça me rappelle cette délicieuse citation d’IGN de l’époque, qui montre la mentalité délirante de Square : « As a matter of fact, at a dinner following the event, I overheard some of the Japanese Square representatives lamenting how many flashes they saw going off during Final Fantasy IX’s presentation and that if too many of those images get published without permission, they may decide to withhold official screens and info in the future. »

      Je n’ai pas retrouvé la vidéo de FFIX, mais voici celle de FFXI : https://www.youtube.com/watch?v=aB1YPSp2VAI
      Elle ne montrait pas le vrai jeu car son développement avait à peine commencé l’année d’avant, donc c’était juste des images conceptuelles (avec le « Prelude » de FFIV Celtic Moon en fond !).

      • バルフレア

        Merci pour toutes ces precisions 🙂 Effectivement les seules éléments que j’ai pu trouver sur le net sont cette vidéo et l’article détaillé de IGN.

        Heureusement, la vidéo la plus intéressante me semble être cette bêta de FFX !
        Braver les interdits ça a parfois du bon 🙂

        • Jérémie

          Et c’est au moins un point sur lequel je me réjouis que les temps aient changé…

  • Pampino

    Superbe article, encore une fois.

    J’ai essayé de m’intéresser à la signification, à l’étymologie du mot « extravagant ». S’il est amusant de constater que nos amis anglais relient entre autres ce terme au fait de dépenser de l’argent plus que de raison (ce qui peut faire écho aux moyens parfois démesurés employés pour la création des jeux de Square -et des films, coucou The Spirits Within-) ; il me plait davantage d’y voir un « extra-errement » (extra = superlatif, vagant = vagabonder, errer). Je me fiche, au fond, de l’exactitude du terme, mais il illustre tout aussi bien l’errance dans laquelle se trouve parfois Square dans ce qu’il veut proposer, mais surtout… aux centaines d’heures que j’ai passé à vagabonder dans les mondes imaginaires de Final Fantasy, ce qui est totalement démesuré, déraisonnable.

    Mon histoire avec FF, l’histoire de Square constituent bien une « Vagrant Story » à plusieurs égards ; et il me plait de voir le titre d’une des oeuvres les plus abouties de Square illustrer, peut-être de manière paradoxale, aussi bien, voire mieux, la série Final Fantasy que le terme « Final Fantasy ».

    Comme il est dit dans l’article, chacun sait pourquoi il suit encore cette série. Ce que j’y trouve de plus fascinant, c’est cette alliance de talents, multiples et variés, qui une fois combinés, arrivent à créer des mondes imaginaires riches artistiquement, et donc humainement. Partir de rien, et arriver à des résultats comme ça, c’est ce que je trouve de plus incroyable, de plus beau. Et Final Fantasy, dans son ensemble et depuis trente ans, est la concrétisation la plus aboutie de cela, tous médias confondus (point de vue totalement subjectif bien entendu).

    Les erreurs, les errances en deviennent presque « touchants », car qui dit humain, dit imperfection, et c’est aussi ce qui fait le charme de l’histoire de Final Fantasy. Son évolution est aussi indissociable des contextes du monde « réel » qui ont entouré chaque épisode, et la série porte actuellement en elle les maux de notre société. A voir comment tout cela va évoluer, encore, mais je sais de fait que j’y trouverai toujours une résonance, un intérêt.

    Qu’ils continuent et n’abandonnent jamais cet esprit de travail artistique, collectif, tel est mon souhait pour le futur. A mes yeux, c’est tellement beau que ça vaut bien quelques errances… ou quelques extravagances 🙂

    • Jérémie

      Pour ce qui est du mot « extravagant », je me suis tenu à la définition que me donne le Petit Robert, parce qu’elle me semblait bien désigner ce que je ressens : « Qui sort des limites du bon sens ; qui est à la fois extraordinaire et déraisonnable » ! (J’adore les mots qui sont tellement précis qu’ils portent deux notions presque contradictoires, comme le « awe » anglais, malheureusement intraduisible en un seul mot.)

      Pour le reste, bien d’accord : qu’ils continuent à déployer leur talent artistique pour créer d’aussi beaux mondes imaginaires !

  • Coco DApot

    Tiens, j’y ai pensé hier soir ^^

    Excellent article comme d’habitude Jeremie. J’aime bien le lien que tu fait avec « l’extravagance ».

    De mon côté, si je devais définir au mieux en un mot la série ça serait « découverte ».
    J’aime cette sensation en lançant le jeu de me demander dans quel monde je vais atterrir cette fois, quelles vont être les histoires que l’on va me raconter.

    Tellement de souvenirs avec cette série, tellement de bons moments, de joie et d’émotions. Ce sont les rares jeux qui me donnent la même sensation que d’ouvrir un livre.

    Je pourrai rester là, à parler pendant des heures des interprétations, des découvertes de secrets, de pans d’histoire…

    Merci Final Fantasy pour ces mondes et ces heures d’émerveillement.

  • Jonah

    Et va savoir ce que nous réservent les 30 prochaines années à présent… Édito très plaisant Jérémie. 🙂 Te voir écrire sur Final Fantasy tant d’années après est aussi assez impressionnant en soi !

  • Baralai

    Merci pour ce superbe edito.
    comme les gens en dessous je suis toujours un peu admiratif de ta passion pour cette série voir Square en général.
    quand je vois l’amour et la passion qui transpire entre les lignes de tes articles je pense que si tu aime ton âme soeur de la même manière elle sera la personne la plus combler sur cette terre.
    en tout cas je me retrouve totalement dans ce que tu écris sur la série.
    maintenant je vais attendre patiemment les prochaines sortie majeurs de Square en espérant qu’ils vont me faire voyager et rêver comme jamais.
    et je te suis totalement sur ce qu’est en train de devenir le monde du jeu vidéo en général avec les micro paiement, les jeux a moitié fini et en kit.
    je ne me retrouve plus la dedans cela ne me plait pas. Surement parce que il faut consommé les jeux d’une manière différente a laquelle j’étais habitué.
    certains pensent peut être que c’est mieux ainsi…
    enfin on verra bien ce que l’avenir nous réserve
    en tout cas ce qui ne changera pas c’est le plaisir a lire tes éditos.
    quand j’apprends qu’un nouveau est disponible c’est un petit événement dans la vie de tous les jours toutes proportion gardées bien sure.
    Merci Jérémie

    • Jérémie

      Je suis content de faire plaisir à au moins une personne, alors !

      La façon de consommer le jeu vidéo a effectivement changé, mais la question est de savoir si c’est le public qui a créé ce besoin ou si c’est les éditeurs qui l’imposent. Pour ma propre personne, c’est forcément la seconde. Mais vu à quel point ça fonctionne, je peux pas exclure que ce soit effectivement l’idéal de beaucoup d’autres…

      • Aliena Starseeker

        L’horizon a l’air sombre, mais il y a peut-être encore de l’espoir…

        Le dernier salon de JV a montrer Bethesda et Sony surfer sur l’epic fail de Star Wars Battlefront 2 afin de mettre en avant leurs expérience solide dans le jeu solo narratif. Il me semble que c’est un officiel de Sony qui a fait remarquer que c’était les jeu solo qui trustaient toujours les récompenses dans les « équivalents des oscars » dans le JV, nous sommes peut-être des dinosaures, mais nous ne sommes pas mort !

        Comme je l’avais déjà écris, même le marché du « Jeu en tant que service » n’est pas infini, et son public n’a pas un temps illimité… Il ne pourra pas s’étendre éternellement, comme le MMORPG ou le MOBA, c’est une bulle qui explosera, et seul les plus aboutis survivrons. On va juste en être abreuver jusqu’à l’excès quelques années, avant que cela ne se tasse, faute de succès de la plupart des clones de la recettes ubisoft.

        • Jérémie

          Tous les créatifs s’accorderont sans doute à dire que rien ne vaut un « grand jeu solo » (même pas forcément que solo) dans lequel on (le créateur autant que le joueur) peut se verser totalement avant de passer à la suite. Mais ça m’étonnerait qu’on retrouve le même discours dans les conseils d’administration…

  • RockJensen 34

    Comme beaucoup de monde, ma fascination et mon attachement à la saga a démarrée avec le VII qui reste à mes yeux, un monument artistique et émotionnel d’une puissance rare. Une magie créatrice et constante que Square avait le pouvoir d’insuffler à chacun de ses épisodes. Cette constance dont lui seul avait le secret fait qu’on ne peut pas oublier ce qu’est Final Fantasy, sa représentation première. Une mythologie aussi incroyable qui a gravée son nom à jamais dans le jeu vidéo. Une sorte de collier ornée de pierres précieuses qui brillent d’un éclat différent mais incarnant une entité unique. L’aventure, le voyage, la magie, l’émerveillement, la découverte et tout ce qui fait de nous des êtres humains….comment oublier ces moments de gamer fantastique ?

    Ces 10 dernières années se sont certes avérées moins puissantes que par le passé, mais pour cet anniversaire, je jouerais volontiers la carte de « l’extravagance » pour lever non pas un verre, mais une bouteille pour le 18 décembre 1987 où le miracle eu lieu, une autre bouteille pour le grand Hironobu Sakaguchi…une dernière pour cette année inoubliable que fût 1997….et qui a permis l’explosion majeure de la saga.

    Que la passion persiste et subsiste! Cet article et ce site en sont la preuve.

  • MrCroft

    Bravo et surtout merci pour cet édito ! Tu transformes en mots tout ce que je pense de cette saga qui me tient tant à cœur ! Cette vision est aussi la mienne, une vision partagée entre l’émerveillement de par tout ce que ces jeux m’ont apporté et un sentiment de déconfiture quand on voit les ravages des mauvaises décisions (dont la principale est bien celle de 2006, en effet) sur la série, dominé par une politique économique de plus en plus négligente sur la passion et la fibre artistique. Tu résumes tout cela en un mot idéal, l’extravagance, qui est bien un terme à double tranchant et résume parfaitement Final Fantasy. Et au delà de ce mot je salue l’objectivité de tes écrits, ça ne fait pas de mal par moments, un jugement posé et réfléchi 🙂

  • Gaël 42

    « Dans un monde sans patience et pris en otage par la communication
    artificiellement sûre d’elle, ce sont malheureusement des paroles en
    l’air. »

    Joliment dit et si tristement vrai…

  • Antoine

    Salut Jérémie,

    Comme les commentateurs précédents, je tiens avant tout à te tirer mon chapeau. En effet je te suis depuis 2001, avais crée en 2002 mon site sur FF, mais que je n’ai tenu que 2 ans, et l’ayant pas mal fait dériver entre temps sur des sujets manga et RPG en général.

    Ton parcours et ton opiniâtreté désintéressée me touchent vraiment.

    PS : Nous profitons depuis des années de ton site, en toute gratuité ( et je t’en remercie ). Si tu lances une campagne de dons pour amortir un peu ton hébergement + domaine, pense à me contacter, j’y participerai de très, très bon cœur !

    • Jérémie

      Si je faisais une campagne de dons, ce ne serait plus si désintéressé…

      • Antoine

        Mais si ! Ce site est « notre » site, en cela il est tout à fait normal que les frais soient partagés. Et au fait, tu es le seul à tenir des news, c’est un choix délibéré ou tu n’as personne sous la main pour partager ce travail ?

        • Jérémie

          Ces dernières années, chaque fois que quelqu’un se proposait pour m’aider, je n’en entendais plus parler après avoir conclu l’accord. Donc je me dis qu’on n’est jamais mieux servi que par soi-même.

          • Antoine

            Là dessus, je te rejoins.

            En tous cas réfléchis quand même à cette campagne de dons, c’est avec plaisir que je participerai à faire vivre ce site.