Une exposition sur la musique de jeu vidéo ouvre ses portes à Paris

Alors que ces mélodies font partie de la vie de millions de joueurs à travers le monde depuis des décennies, c’est seulement aujourd’hui qu’a ouvert la toute première grande exposition consacrée à la musique vidéoludique dans une institution nationale, et non des moindres : la Philharmonie de Paris, l’un des temples des musiques académiques.

Intitulée « Video Games & Music, la musique dont vous êtes le héros », l’exposition propose une plongée à la fois historique, technique et culturelle dans les bandes originales de jeu vidéo à travers un habillage immersif complété par de nombreuses bornes jouables. J’ai eu le plaisir de la visiter, et j’ai apprécié le bon équilibre entre divertissement (les enfants s’en donneront à cœur joie !) et vulgarisation. Il s’agit certes d’une proposition axée vers le grand public, qui ne peut pas se permettre d’ensevelir les visiteurs sont des montagnes d’informations trop pointues, mais en tant que première approche du sujet, c’est de mon point de vue une réussite. À cela s’ajoute le plaisir immense de voir ce genre longtemps ignoré – voire méprisé – profiter enfin d’une reconnaissance publique.

La musique de Final Fantasy est représentée notamment dans le film de plus d’une heure qui est diffusé dans la salle de projection de l’exposition. Un montage montre la célèbre scène de l’opéra de FFVI en trois versions : l’originale sur Super Nintendo, la refonte type HD 2D en plusieurs langues dans le Pixel Remaster et une interprétation réelle avec soprano et orchestre (voir l’une des photos ci-dessous). Une belle démonstration des ambitions déployées dans un jeu qui – c’est un hasard – fêtait justement ses 32 ans le jour de l’ouverture de l’exposition.

Les portes ont ouvert aujourd’hui et se refermeront le 1er novembre prochain : vous pouvez en savoir plus sur le site de la Philharmonie.

Le catalogue est disponible partout

Certes, par pure transparence, je me dois d’ajouter que j’ai très partiellement contribué à cet événement, puisque je fais partie des auteurs du catalogue qui l’accompagne, coédité par Third Éditions et la Philharmonie (je n’ai pas participé à l’exposition en elle-même).

Conçu en tant que complément à l’exposition, que l’on peut d’ailleurs tout à fait lire sans l’avoir visitée, l’ouvrage approfondit les principales thématiques proposées dans son parcours : l’évolution technologique (chapitre que j’ai signé), la démarche de composition et d’intégration, l’aspect contre-culturel de la musique de jeu vidéo, les jeux de rythme et l’existence du genre en dehors des jeux. Il propose aussi de nombreuses interviews avec des musiciens et des spécialistes du son ainsi qu’une galerie de portraits de quelques compositeurs et compositrices (ceux dont les portraits dessinés sont visibles dans l’une des photos ci-dessus).

Le catalogue est disponible dans la boutique de l’exposition ainsi que dans toutes les librairies. Vous pouvez notamment le retrouver sur le site de Third Éditions.

Un programme de concerts thématique

En accompagnement de l’exposition, la Philharmonie de Paris va proposer plusieurs concerts de jeu vidéo au cours du mois de juin. Vous pouvez en voir la liste sur cette page, mais je me permets d’attirer votre attention sur le concert Symphonic Selections qui aura lieu le jeudi 25 juin à 20 heures. Le programme sera consacré à Final Fantasy et Nobuo Uematsu, avec en première partie deux œuvres tirées des concerts Final Symphony : le poème symphonique Mono no aware inspiré de FFVIII et le concerto pour piano adapté de FFX. En deuxième partie, une première française : le conte symphonique Merregnon: Heart of Ice nouvellement composé par Nobuo Uematsu. Il s’agit d’une œuvre avec narration, dont l’album (enregistré avec le London Symphony Orchestra) sera publié en juin également, mais dont le premier single a été récemment publié.