Final Fantasy IX : le test
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Editeurs : Squares Co., EA, Europe; Infogrames Développeur : Square Co., Ltd. Support : PlayStation Genre : RPG Dates de sortie : - Japon : 7 juillet 2000 - Amérique : 13 novembre 2000 - Europe : 16 février 2001 Sites officiels : américain, européen |
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Une fois encore, Squaresoft (du nom de l'époque) nous prouve son génie dans l'art du jeu vidéo en nous offrant Final Fantasy IX. S'annonçant déjà comme un excellent RPG aux vues de sreenshots alléchants et d'annonces croustillantes peu avant sa sortie comme la société sait si bien le faire, Final Fantasy IX fait plus que jamais honneur à sa saga, aussi bien dans les graphismes, dont Square maîtrise l'évolution avec perfection, que dans le scénario nous replongeant dans une ambiance plus médiévale que n'étaient celles du VIII et du VII. Changement du tout au tout donc, du système de combat - reprenant toutefois quelques éléments du VI - aux musiques, je me permets d'ailleurs de vous annoncer sans surprise que Nobuo Uematsu a une fois encore atteint des sommets.
N.B. : Tous les noms des personnages et villes sont ceux de la version française du jeu. Les screenshots proviennent de la version US.
Alexandrie la Grande
Après la claque de l'introduction, vous incarnez Djidane Tribal, voleur enthousiaste et héros du jeu. Peut-on vraiment parler de héros, terme qui mettrait à l'écart les sept autres personnages principaux, tant leur personnalité respective a été étudiée...? A seize ans, Djidane fait partie d'un groupe de brigands nommé Tantalas dont le chef, Bach, ne manquera pas de nous amuser avec ses répliques savoureuses tout au long du jeu. Embarqué dans le kidnapping de la princesse Grenat di Alexandros, qui fête son seizième anniversaire, le joueur assiste, intrigué, aux rebondissements de cet enlèvement peu ordinaire, faisant ainsi connaissance avec la princesse bien sûr, mais également avec Bibi Orunitia, le mage noir de votre groupe futur, un jeune garçon de neuf ans particulièrement attachant, et de Steiner (Edward Adelbert de son prénom), trente-trois ans et toutes ses dents, chevalier dévoué corps et âme à sa « Princesse ». Beate, Générale d'Alexandrie aussi puissante que charismatique, fera également son apparition, sous les ordres de la reine Branet qui, à l'instar d'un personnage de conte merveilleux, incarne une immonde créature tant sur le plan physique que moral. Après ce passage à Alexandrie qui fait aussi office de tutorial, le joueur débute « réellement » l'aventure dans la Forêt maudite, où le vaisseau des Tantalas, le Prima Vista, atterrit en catastrophe après avoir été expulsé du royaume à coups de Grand Canon.
Une multitude de personnages et de lieux très variés vont peu à peu se découvrir à vous : un autre royaume, de nombreux villages construits dans un arbre gigantesque ou cachés au fin fond d'une forêt, des grottes sombres ou encore nappées de glace... Outre Djidane, Grenat, Bibi et Steiner, vous ferez connaissance des quatre autres personnages contrôlables de votre groupe : Freyja Crescent, Chevalier Dragon de vingt-et-un an et vieille amie de Djidane, Kweena, étrange personnage pouvant assimiler les techniques de l'ennemi et doté d'un appétit et d'une curiosité sans pareil pour toute chose comestible, Eiko Carol, fillette de six ans mystérieusement experte en Chimères (elle et Grenat seront vos deux invokatrices), et, pour finir, Tarask Coral, chasseur de primes de vingt-six ans peu loquace, qui deviendra le puissant moine de votre groupe. Je vous laisse découvrir les nombreux personnages secondaires, mais un petit mot tout de même sur le grand méchant du jeu, le charismatique Kuja, homme efféminé parcourant le monde à dos de son Silverdragon. Assoiffé de pouvoir et sans morale aucune, Kuja ne cessera d'être poursuivi par le groupe, pour aboutir à un final époustouflant de beauté, de grandeur, d'intensité et d'émotions. Rien que ça.
Un univers haut en couleurs
Certes, ceux qui ont à présent connu les Final Fantasy suivants ont évidemment vu mieux en matière de graphismes, mais pour son époque, Final Fantasy IX en met plein la vue. Outre de sublimes cinématiques domptées par une main de maître (toujours cette vieille branche de Square), les graphismes in-game du jeu sont d'une incroyable richesse. Il existe un fabuleux contraste de couleurs selon les différents lieux : le joueur pourra se trouver aussi bien dans un endroit d'une sobriété presque effrayante où la pluie tombe sans cesse, que dans une ville aux couleurs riches, variées, attisant même votre curiosité à en découvrir toujours davantage. Non seulement l'environnement est beau et relativement grand (selon que vous êtes dans un royaume ou un humble village), mais vous pouvez également interagir avec lui. Par exemple, quand le symbole « ! » apparaît dans une petite bulle au-dessus de la tête du personnage, appuyer sur la touche Croix de la manette aboutit presque toujours à la découverte d'un trésor, plus ou moins rare. Le joueur pourra alors analyser minutieusement chaque recoin avec un léger pincement au coeur quand la bulle tant recherchée émerge soudainement. Vous pouvez évidemment passer outre ces recherches (sauf pour quelques quêtes où le scénario vous y obligera), mais c'est se priver d'un élément amusant et surtout utile du jeu (n'est-il pas bon de trouver un Elixir ou un Remède perdu ?). N'ayez crainte cependant, les bons vieux coffres existent toujours. Plus rare, le symbole « ? » apparaîtra aussi, vous demandant cette fois de faire un choix.
Les graphismes des combats sont également très beaux. Les personnages sont bien modélisés - et, comme de coutume, changent de position une fois que le joueur leur a assigné une action - de même que les ennemis, avec, peut-être, un plus grand souci de finition pour les Boss que pour les monstres. Les magies et autres capacités qu'utilisent les personnages sont également bien réalisées, ainsi que les Transes (surtout de Djidane) dont je reparlerai plus avant. La Worldmap ou Mappemonde, quant à elle, n'est pas en reste, malgré des couleurs moins variées, « Worldmap oblige » si j'ose dire : la mer est bleue, les montagnes grises, la neige blanche et les forêts sont vertes, difficile pour les graphistes de changer cet état de fait. En parlant de forêts, elles vous réserveront quelques surprises... Un changement de temps s'effectue parfois selon l'endroit de la carte où le joueur se trouve : des couleurs plus chaudes rappelant l'aurore ou le crépuscule, de la pluie, la noirceur de la nuit... Vous disposez également d'une vue panoramique (au choix en appuyant sur R2) et de 360° (changez les caméras de position grâce à L1 et R1, uniquement sur la Mappemonde).
Petite parenthèse sur les sauvegardes, si chères au joueur, que vous pourrez effectuer via les Mogs (ils sont de retour !), ces derniers vous proposant également de vous reposer en utilisant une Tente. Vous trouverez ces mignonnes créatures à divers endroits du jeu (stratégiquement situés), ainsi que sur la Mappemonde, où vous aurez la possibilité tôt dans le jeu d'appeler un Mog en appuyant sur la touche Carré de la manette.
Final Fantasy IX se veut clairement moins réaliste que le VIII, avec des personnages à queue de rat ou dotés d'une corne sur le front. Cette prise de partie des réalisateurs d'une certaine légèreté est tout aussi plaisante qu'un réalisme cru, après, c'est une pure question de goût. Mais ne vous fiez pas aux apparences, ces graphismes enfantin cachent une profondeur de jeu inoubliable.
Un mot sur les mini-quêtes et mini-jeux
Une autre petite parenthèse sur ces quêtes que le joueur peut faire en dehors du scénario principal du jeu. Peut-être parfois un peu longues pour des mini-quêtes, le joueur en aura principalement deux à accomplir s'il le souhaite : la recherche de trésors avec Choco votre chocobo (eh oui, ils sont toujours là), qui accessoirement vous servira toujours de pratique moyen de transport sur la Mappemonde, et aussi la mission qui vous sera confiée : transmettre le courrier des Mogs. Cette dernière ne vous est certes pas essentielle, mais les lettres des Mogs vous offrent quelques informations et détails parfois amusants sur le monde du jeu, vous décrivant parfois des lieux que vous vous apprêtez à explorer. Aussi, les Mogs vous donnerons des lettres qui vous sont destinées. En parlant d'autres points de vue, les Active Time Event (ATE) ne sont pas des mini-quêtes, mais offrent au joueur la possibilité d'assister à un évènement que le personnage ne peut voir du lieu où il se trouve. Intéressant donc.
Final Fantasy IX a, comme son aîné le VIII, droit à son jeu de cartes ! Fi de Triple Triad, place au Tetra Master. Comme peuvent l'indiquer les noms, alors que le plateau de jeu du VIII était composé de 3x3 cases, celui du IX fait du 4x4. Les règles ressemblent assez au jeu de la Bataille, des flèches en plus et des monstres remplaçant les carreaux, piques, coeurs et trèfles. Chaque carte possède une valeur propre qui augmente au fur et à mesure que vous choisissez la même carte pour jouer, sachant que chaque joueur (c'est un duel) met cinq de ses cartes en jeu. Pour plus de détails, vous pouvez vous rendre dans la section Tetra Master du site.
Bref, riche et fantaisiste à souhait, vous n'avez pas fini d'explorer, émerveillé, le monde de ce neuvième opus !
Expérience, gils, compétences et plaisir de jeu
Que seraient les RPGs sans les fameux combats ? Donjons, grottes, Mappemonde, villes parfois, vous y aurez droit, bien comme il faut. Assez nombreux, il fallait trouver le moyen pour les créateurs de ne pas en faire une corvée pour le joueur. C'est chose faite, et bien faite.
Le système d'Active Time Battle (ATB) est présent, soit une petite barre (disposée à droite du prénom du personnage après ses HP et MP - respectivement Points de Vie et de Magie) qui se remplit plus ou moins vite selon la vitesse du personnage. La barre remplie la première fait logiquement jouer en premier le personnage concerné. La vitesse de « chargement » de cette barre peut également varier si le personnage subit des sorts tels « Somni », « Booster » ou encore « Stop ». Juste en dessous de cette barre se trouve une seconde barre qui se remplit également mais selon des critères différents, c'est la Transe du personnage, qui se « charge » à chaque fois que le personnage subit des dégâts (un système repris dans Final Fantasy X avec l'Overdrive). Une fois remplie à bloc, le personnage rentre en Transe et une couleur rose et brillante forme une sorte d'aura. La troisième des possibilités d'action du personnage change alors de nom. Par exemple, Djidane peut « Attaquer », « Voler », utiliser ses capacités de « Voleur » et utiliser des « Objets ». En cas de Transe, « Voleur » devient « Truand ». Pour Grenat, l'« Invokation » devient « Féérie », pour Bibi, « Mge Noire » devient « Mge Noire+ », et le petit mage peut alors lancer deux sorts en une seule fois. Un changement s'effectue ainsi pour chaque personnage. On peut tout de même regretter que la Transe disparaisse même si elle n'a pas été utilisée, une fois le combat fini, surtout qu'il est relativement long d'atteindre cet état. Elle reste très utile, et très belle à regarder notamment pendant les attaques de Djidane le Truand.
Les Invokations sont toujours à l'honneur, Chimères appelées donc par Grenat et Eiko, et spécifiques à chacune des invokatrices. Par exemple, Fenril ne peut être invoqué que par Eiko, et Ramuh uniquement par Grenat. Ces chimères sont belles à voir et utiles, mais restent moins puissantes, généralement, que les Transes. Notez qu'en dehors des combats, les Chimères ont une place très importante dans l'histoire de Final Fantasy IX.
Vous pouvez toujours fuir les combats, mais vous perdrez des gils, bien que la capacité « Hold-up » permette de s'enfuir sans rien perdre.
Alors, que sont les capacités ? Très importantes, leur mode d'apprentissage ressemble à celui de Final Fantasy VI. En effet, vous apprenez toutes vos magies, invokations, capacités d'attaque et capacités de soutien grâce à ce que portez comme arme, poignet, sur le torse, sur la tête et comme accessoire (seules les magies s'apprenaient ainsi dans le VI).
A la fin de chaque combat, en plus des gils, de l'expérience (EXP), des objets et parfois des cartes que vous obtenez, vous gagnez des Points de Compétence (CP). Vous pouvez voir la progression de votre apprentissage dans la section « Equipement » du Menu. Par exemple, une arme de Bibi peut lui faire apprendre la magie (symbolisé en rouge) « Comète ». Vous venez de lui équipez cette arme, donc l'apprentissage en est à 0/30 (CP). Si après un combat vous gagnez 2CP, la barre vous montrant la progression de l'apprentissage, visible quand vous pointez l'arme à l'aide du curseur (la fidèle petite main gantée), indiquera logiquement 2/30. Une fois arrivé à 30/30, Bibi aura appris « Comète » et n'aura plus besoin de porter l'arme pour pouvoir incanter cette magie. Il est d'ailleurs conseillé de faire porter en priorité des armes ou armures faibles à vos personnages, même si vous en possédez de meilleures, afin d'apprendre le plus de capacités possibles. Cependant, une même capacité peut être apprise par plusieurs équipements différents pour un même personnage. Les capacités d'attaque, dont font partie les Magies et les Invokations, n'ont pas besoin d'être sélectionnées pour que vous puissiez les utiliser en combat, contrairement aux capacités de soutien (symbolisées en bleu). Celles-ci ont exactement le même système d'apprentissage, sauf que vous devrez sélectionner celles que vous voudrez avoir pour votre prochain combat.
Cela peut paraître compliqué au premier abord, mais c'est en réalité d'une simplicité déconcertante, et l'apprentissage des capacités donnent du plaisir supplémentaire à combattre. A savoir que vous gagnez plus de CP après un combat contre un Boss, plus d'argent aussi, mais pas d'EXP.
Musique !
Comme je vous le disais au début de ce test, Nobuo Uematsu nous prouve, encore une fois, son incroyable génie. En effet, les musiques de Final Fantasy IX sont particulièrement réussies et très adaptées aux lieux, situations et personnages. Je trouve personnellement que le thème de Djidane lui correspond tellement bien (tonique et enthousiaste) qu'on peut se demander si c'est bien la musique qui a été créée à partir du personnage et non l'inverse ! J'exagère peut-être un peu, certes. Presque tous les thèmes musicaux sont abordés, la mélancolie, la joie, la douleur, le mystère, la violence. Des musiques si bien composées ne pourront que vous faire frissonner dans les moments les plus forts du jeu.
Je parle de Djidane mais chaque thème de personnage correspond parfaitement. On trouvera aussi une ressemblance entre le thème d'Auron (Final Fantasy X) et le thème de Tarask, les personnages se ressemblant surtout dans leur laconique manière de s'exprimer. Le thème de Beate est à vous faire tomber la manette, il est d'ailleurs repris dans une version combat, au rythme plus rapide et avec quelques instruments rajoutés (synthétiques, sauf pour les cinématiques !), collant parfaitement avec la scène du scénario auquel il est associé, nous offrant un moment... comment dire, tellement... beau ? Est-ce le terme ? Dans le doute, je vais dire un moment indescriptible. Mais je m'égare. Le thème de Steiner, lourdaud, convient parfaitement également ! Le thème des chocobos est également très bien repris, à la guitare sèche pour une mélodie à la fois douce et tonique. Les thèmes des villes et villages sont pour la plupart enjoués, le thème de combat est très entraînant, plus angoissant pour celui des Boss. Quant au thème de combat final... je vous laisse le découvrir. Egalement, grand thème pour grand personnage, Kuja, dont la mélodie est souvent reprise en différents arrangements tous aussi bons les uns que les autres.
Le fin du fin
Ainsi, Final Fantasy IX ne cessera de nous surprendre et de nous fasciner. Plein d'humour, mais abordant également des sujets comme la mort d'une subtile et touchante manière, il nous émerveille un peu plus à chaque découverte. Un scénario moins étoffé que celui de Final Fantasy VIII, certes, mais aussi moins compliqué tout en nous faisant progresser dans une histoire riche en rebondissements et en profondeur.
Un chef d'oeuvre dans toute sa splendeur, méritant amplement son titre de Final Fantasy.
| Note globale | 20/20 |
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Marion M. - 02/08/07 @ 17:21
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